Commençons par l’histoire. La nature sauvage dans laquelle vivaient les anciens humains et leurs ancêtres leur a permis de mettre au point des méthodes efficaces pour rester en vie tout en luttant contre les prédateurs. Ces adaptations, qui permettent de sauver des vies dans des situations où se produisent des réactions de « lutte ou de fuite », sont les suivantes
L’augmentation du rythme cardiaque au moment du danger. Le cœur pompe ainsi le sang plus efficacement.
Augmenter la fréquence respiratoire. Pour l’efficacité des muscles, avec un bon apport d’oxygène.
Changement de la température corporelle et augmentation de la transpiration. La peau devient glissante et il est plus difficile pour le poursuivant d’attraper la victime.
Peur aiguë de la mort. Il n’y a pas d’état de repos, il n’y a que des mouvements actifs et toutes les tentatives de sauvetage possibles sont mises en œuvre.
Diminution de la sensibilité de la peau. En cas de blessure, la sensation de douleur est émoussée.
Libération des intestins avec « évacuation » rapide de leur contenu, ce qui contribue à réduire le poids corporel.
Tous ces mécanismes de la réponse au stress aigu chez l’homme et l’animal ont été bien décrits par le célèbre chercheur canadien Hans Sellier au milieu du 20e siècle.
Nous avons hérité des réactions de survie qui ont aidé nos lointains ancêtres. Aujourd’hui, nous ne sommes pas souvent confrontés à des menaces de mort, mais le stress fait désormais partie de la vie moderne. Ce sont eux qui déclenchent toutes les réactions décrites ci-dessus. Malheureusement, dans notre réalité, il est impossible de fuir constamment les problèmes ou d’éliminer physiquement l’obstacle. Par conséquent, l’état nerveux ne disparaît pas, les problèmes s’accumulent, il n’y a pas de solution et les gens ont souvent recours à l’aide de pilules.
Selon les statistiques, les crises de panique et les troubles paniques touchent 2 à 5 % de la population mondiale. Elles surviennent le plus souvent entre 20 et 40 ans, les femmes étant quatre fois plus nombreuses que les hommes.
Dans la médecine moderne, le trouble panique est classé dans la catégorie des « troubles anxieux », pour lesquels la manifestation de l’anxiété est le principal symptôme et n’est pas limitée à une situation extérieure particulière. Des symptômes dépressifs et obsessionnels, voire certains éléments d’anxiété phobique, peuvent également être présents, à condition qu’ils soient indubitablement secondaires et moins graves.
Une attaque de panique est un accès soudain de peur ou de malaise intense qui atteint son paroxysme en l’espace de quelques minutes. Pendant cette période, au moins quatre des symptômes suivants se manifestent :
Palpitations, sensation de sursaut ou de gel du cœur
sueurs
frissons
Respiration rapide, sensation d’essoufflement ou d’étouffement
Sensations désagréables dans la cage thoracique
Douleur, crampes, gêne abdominale
Sensation de vertige, d’instabilité ou d’évanouissement
Déréalisation (sentiment d’irréalité) ou dépersonnalisation (détachement de soi)
Peur de perdre le contrôle ou de « devenir fou ».
Peur de la mort
Sensations d’engourdissement ou de picotement (paresthésies) dans diverses localisations
Frissons ou sensations de chaleur (bouffées de chaleur)
Le trouble panique est défini par deux critères :
Attaques de panique récurrentes et inattendues
Après une ou plusieurs crises consécutives, il faut attendre environ un mois avant qu’elles ne se reproduisent.
La personne est constamment préoccupée par son état ou ses conséquences. Les attaques peuvent s’accompagner d’importants changements comportementaux inadaptés. Le trouble panique entraîne souvent l’apparition d’une agoraphobie, c’est-à-dire la peur de sortir de chez soi. En général, la peur ou l’anxiété prononcée est déclenchée par deux situations ou plus : voyager dans les transports publics ; se trouver dans des espaces ouverts, à l’intérieur, comme les magasins, les théâtres, etc. ; devoir faire la queue ou se trouver dans une foule ; être seul à l’extérieur de la maison – voyager sans ses proches dans un train, un avion, etc. Cet état se manifeste en réaction à une situation dans laquelle des crises de panique se sont déjà produites.